Comment le développement des nouvelles technologies impacte-il notre quotidien ?

L’interconnexion entre les humains et les machines dans les chaines de création de valeur provoque une véritable révolution dans les modes de fonctionnement du monde du travail. L’heure est aujourd’hui à la polyvalence, la mobilité et à la remise en cause des hiérarchies verticales traditionnelles avec l’objectif de redonner du sens à l’intelligence collective. Cela se traduit par davantage de marge de manœuvre et d’autonomie dans la façon de travailler, mais avec des impératifs de production toujours plus exigeants.

Ce nouvel environnement économique fait qu’il nous est demandé en tant que membres d’une communauté toute catégorie confondue, une palette étendue de comportements et de compétences à la fois techniques, relationnelles, émotionnelles, qui va naturellement de pair avec une plus grande souplesse et faculté d’adaptation au changement. Savoir innover, se fondre dans différentes peaux, tel est l’enjeu majeur pour trouver sa place et s’épanouir dans un collectif !

Cette double injonction à la polyvalence est structurée par une augmentation de la pression et des exigences. C’est la source de gros nuages noirs : Prise de responsabilités de plus en plus jeunes, stress, épuisement, des phénomènes de reconversion professionnelle qui se soldent souvent par le choix de l’auto entreprenariat.

La marche vers l’entreprise libérée à laquelle nous assistons depuis les années 90 est à la fois une formidable avancée, car elle s’accorde avec la montée en compétences, l’ouverture vers la connaissance, le partage interne et externe, mais c’est aussi un vecteur de chamboulement monstrueux, qui nécessite beaucoup d’efforts de création pour rester sur le fil du rasoir, des efforts d’implication pour mieux organiser, animer une communauté. Les individus sont directement impactés par cette nouvelle forme de gouvernance, qui les invite à prendre des décisions délibérément pour récupérer « le lead » tour à tour. Le secteur des sciences de la vie devient plus que jamais le moteur principal de la croissance économique.

« À l’avenir, les qualités humaines vont reprendre de l’importance. L’empathie, la capacité à stimuler les autres et la sensibilité à la culture joueront un rôle central. Dans le monde du travail de demain, il s’agira de combiner judicieusement ces compétences humaines avec les machines afin de parvenir aux meilleurs résultats possibles » expliquait Michel Crozier, grand sociologue des organisations.

Je crois que la collaboration entre les différents acteurs doit donc en permanence être renforcée sur le plan politique, social, et économique, afin de préserver des conditions de travail favorables à l’émancipation personnelle. C’est drôle comme les choses évoluent au fil du temps. Jusqu’au siècle dernier, l’opinion pensait que tout était joué d’avance, alors qu’aujourd’hui nous savons au contraire que tout est jouable tout le temps. La mobilité était faible, et la grande majorité des gens passait plus de 20 ans dans la même entreprise pour gravir les échelons. Aujourd’hui, en France, la tendance s’est complètement inversée. Les gens les plus épanouis au travail ont entre 6 et 10 ans d’ancienneté et la montée en compétences se fait surtout par la multiplication des expériences. Chiffre choc qui m’a scotché : En 2018 seuls 9% des français s’estiment heureux au travail. La raison principale qui pousse les gens à rester sur le lieu de travail c’est le(a) ou les supers collègues avec qui on peut partager des connaissances, faire des heures sans compter, et refaire le monde pendant la pause déjeuner.

Heureusement, pour rendre le quotidien un peu plus fun, beaucoup d’entreprises intelligentes encouragent ce que l’on appelle les projets « open sources ». Ce mouvement issu de l’univers des logiciels communément appelé « code source ouvert » à disposition du grand public, s’étend dorénavant aux « œuvres de l’esprit » (conférences, meet-up, workshop) lesquelles nécessitent beaucoup de temps, organisation, patience et laissent souvent avec de nombreux questionnements… Suis-je suffisamment légitime ? Comment vais-je vaincre ma peur de prendre la parole, être regardé(e), jugé(e) ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter ? quelle réaction dois-je adopter ? quel protocole de déroulement ?

La réussite de ces événements repose aussi sur l’aptitude des gens à pouvoir se comprendre mutuellement et surtout l’envie qui les anime à travailler ensemble. Cette mise en mouvement vient servir la thèse soutenue par les neuroscientifiques.

Les neurosciences ont effectivement démontré que notre cerveau avait la plasticité de se dégager du déterminisme passé. Chaque fois que l’on emprunte une nouvelle façon de penser, ou un nouveau chemin, on transforme notre cerveau et on lui permet d’avoir les compétences et les capacités pour vivre la vie qui nous convient le mieux aujourd’hui. Apprendre à mieux se connaître serait donc un outil indispensable pour être capable de soulever des montagnes ! Mais pour qui ? pour quoi ? Tout simplement pour être plus efficaces au quotidien, prendre de meilleures décisions, rester calme sous la pression, mieux collaborer avec les autres. Gagner en aisance et diplomatie et s’adapter aux incertitudes, complexités de notre environnement. Plus j’élargis mon champ de vision, plus je deviens en mesure de tisser des liens, développer ma créativité, et monter en compétences dans la communauté à laquelle j’appartiens.

Telle est mon ambition avec la création de ce laboratoire. Partager et transmettre des bonnes pratiques issues de mon expérience, susceptibles d’apporter des solutions agiles, lever certains blocages, et redonner du sens à la responsabilité que chacun porte sur le marché du travail et envers son monde.

Si le travail reste le principal moyen de socialisation pour l’homme, il n’est je crois qu’une représentation partielle de notre identité. Considéré comme le « sel qui conserve les âmes momies » par Baudelaire, élevé au rang de vertus chez de nombreux écrivains, le travail est pour certains un refuge, un exutoire, quand pour d’autres, il incarne un instrument d’asservissement ou pire encore, un système qui broie à petit feu leurs corps et leurs esprits. Une ribambelle de gens travaille avant tout et surtout pour subvenir à ses besoins financiers. Dans son ouvrage Bullshit Jobs, David Graeber considère que de nombreuses personnes se sont résignées à des emplois qui auraient étouffé leurs passions et dont elles ne verraient ni l’utilité ni le sens. La multiplication des sollicitations auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés brouille notre capacité à réfléchir, trier l’information, et prendre conscience de ce qui nous éveille intimement. Beaucoup de gens bien payés autour de moi ne sont pas heureux au travail et à contrario, d’autres mal payés tirent une gratification personnelle extraordinaire de leur profession. Pas évident de placer le curseur au bon endroit, pour en faire émerger le bon équilibre, celui que l’on considère être en cohérence avec nos valeurs et aspirations profondes.

Pourtant, n’éprouvons-nous tous pas naturellement ce désir, cette volonté de faire entrer en connexion notre métier avec ce qui nous lie intimement ? Ne serait-ce pas tout simplement le contexte familial et sociétal dans lequel on évolue depuis tout petit qui favoriserait la prédominance de certains choix de façade au détriment du reste ? Les entraves imposées par la société et l’éducation n’empêchent-elles pas l’actualisation de cet alignement, et le potentiel de développement qui en découle ? Comment puis-je me libérer de la crainte d’être jugé par les autres ? Toute notre vie, à la maison, à l’école, au travail, nous dépendons des récompenses et des punitions qui sont fonction des jugements d’autrui : « c’est bien » « c’est vilain », « c’est riche », « c’est médiocre » … Mais l’expérience m’a appris qu’ils ne favorisent pas toujours le développement de la personnalité, et qu’ils sont au contraire vecteurs de blocages. L’expérience nous montre qu’il faut savoir écouter les autres, mais en tant qu’adulte, nous seuls pouvons être en mesure d’évaluer la teneur de nos actions par le sens que nous donnons à notre expérience.

Un nombre croissant de questionnements m’habitent sans que j’y puisse apporter de réponse limpide. Est-il possible de partir à la dérive imperceptiblement ? Suivre un chemin sans jamais le changer jusqu’à tomber dans le fossé et se coucher sur un lit de cactus ? Mes travaux en ce lieu porteront ainsi sur le besoin de faire éclore des liens, stimuler la créativité et l’émergence d’un nouvel espace de liberté, partager avec vous ma compréhension des situations et des concepts comme l’expression du potentiel caché, et bien d’autres thèmes encore…

« Tout ce que je sais est que je ne sais rien quand les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas » Socrate.

Camille Fantini

Publié par Camille Fantini

Bonjour, Je m'appelle Camille Fantini, je suis Executive coach. Issue d'une double formation, Ecole de commerce et Théâtrale, j'ai toujours eu une sensibilité particulière pour les questionnements qui croisent l'individu avec le collectif. Sur ce site je vous partage : - Des articles pour éveiller votre réflexion autour de ressources indispensables à toute transformation. - Un échantillon d'outils pratiques pour faciliter la communication avec soi et les autres !

2 commentaires sur « Comment le développement des nouvelles technologies impacte-il notre quotidien ? »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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  2. Comment prendre la vague de la libération de l’entreprise ? Comment savoir être en société sans se forcer à briller ? Comment trouver sa place dans la réflexion collective ? En se décomplexant peut être; en acceptant nos faiblesses surement.

    « Je n’ai pas échoué j’ai trouvé dix mille moyens qui ne marchent pas » disait Thomas Edison.

    Merci Camille de nous emmener sur ces sujets essentiels et si passionnants.

    J’en profite pour partager cette vidéo d’Elizabeth Gilbert qui parle de notre génie intérieur : https://www.ted.com/talks/elizabeth_gilbert_on_genius/up-next

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